Comme une fusée
le 09.11.2010 à 16h34

Ils sont comme ça les coureurs au large, rappelés à la dure loi du sport mécanique, ils lèvent un peu le pied et puis... ça repart ! Sur Prince de Bretagne, Lionel Lemonchois n'en fait pas mystère, il est à fond et remonte la flotte des Multi50 heure après heure en alignant les meilleures moyennes de la flotte des Multi50. Tandis que Groupama 3 vient de remporter la Route du Rhum - La Banque Postale, Lionel, le vainqueur de l'édition précédente salue ce passage de flambeau.
Coup de chapeau à Franck Cammas
Franck Cammas est donc le successeur de Lionel Lemonchois, vainqueur de la Route du Rhum en 2006. En revanche, le record de 7 jours 17 heures et 19 minutes, détenu par le normand n'est pas battu. Lemonchois conserve donc son record jusqu'au prochain Rhum.
«Franck est un grand sportif qui a réalisé une course parfaite. Il fallait être opportuniste et solide pour réaliser cette belle trajectoire sur un pareil bateau. Groupama 3 a été modifié pour qu'il puisse le mener en solitaire, mais, ça reste un exploit. Je connais bien Franck pour avoir fait un tour du monde avec lui et quelques transats. Même si ça ne m'étonne pas du bonhomme, qui est un grand marin, ce qu'il a fait est très impressionnant. C'était gonflé d'aller comme ça, très tôt au sud, ça a marché et ensuite il a su gérer son avance jusqu'à l'arrivée. Chapeau ! Je garde mon record et ça me fait plaisir bien sûr, mais si Franck avait eu les mêmes conditions qu'en 2006, il serait allé plus vite».
Jamais loin des écoutes
S'il confie volontiers la direction de Prince de Bretagne à son pilote, Lionel Lemonchois reste néanmoins à proximité des écoutes alors qu'il déboule dans une mer croisée. Les avaries subies par Crêpes Whaou ! et Actual ne sont évidemment pas étrangères à cette prudence affichée, même si Lionel reconnaît qu'il est ‘incorrigible' et tire tout le potentiel de son Prince de Bretagne. «Quand je suis reparti après ma réparation acrobatique du lashing, j'avais 500 milles de retard et mon objectif était d'atteindre le podium. C'est vrai que les problèmes de Franck-Yves et de Yves ouvrent maintenant de nouvelles perspectives. C'est regrettable ce qui leur est arrivé. Ils faisaient tous les deux une très belle course et Franck-Yves pouvait légitimement prétendre à la victoire. C'est un sport mécanique et sur nos bateaux, les pépins peuvent arriver vite. C'est la dure loi du sport. Leurs mésaventures nous le rappellent, mais c'est vrai que nous sommes des compétiteurs et qu'à ce titre, nous aimons faire parler la poudre ». Et elle parle la poudre sur Prince de Bretagne qui, dans les dernières 24 heures a parcouru 417 milles quand ses adversaires en parcouraient, au mieux 250.
À midi, Prince de Bretagne était pointé quatrième à seulement 142 milles du Région Aquitaine de Lalou Roucayrol le nouveau leader de la classe. Sachant que Lalou est plus au nord et navigue dans des conditions différentes de Lionel. «Ça ne va pas être simple de tirer son épingle du jeu, confie Lionel, le vent s'effondre un peu et il va falloir trouver la porte de sortie. C'est pour cette raison que je me suis recalé au nord il y a 24 heures. C'était un bord qui faisait mal, mais il fallait le faire. La route est encore longue (1150 milles) et l'arrivée sur la Guadeloupe va être très compliquée ». Prudent donc, même dans ses pronostics, Lionel sait que si son Prince de Bretagne possède un meilleur potentiel que le bateau de Lalou Roucayrol, il n'ignore pas non plus que le skipper de Région Aquitaine est un grand marin.
En début de journée, Prince de Bretagne navigue dans une ambiance moins humide que depuis le début de course. Conditions plus clémentes, soleil, pont moins arrosé, Lionel a enfin pu retirer le pantalon de ciré qu'il portait depuis le départ de Saint Malo...